La blatte germanique (Blattella germanica)
La plus fréquente en logement et en restauration. Petite (10 à 15 millimètres), brun clair à brun jaune, avec deux bandes sombres parallèles derrière la tête. Elle grimpe sur les surfaces lisses, vole mal. Elle vit dans les cuisines et les salles de bain, au chaud et à l'humide, près de la nourriture : moteurs d'électroménager, charnières, gaines, dessous d'évier. Elle se reproduit très vite : une femelle porte une oothèque de 30 à 40 œufs et en produit plusieurs. Ses déjections sont des points noirs en amas. Elle se traite en gel appât dans les cachettes, avec contrôle à trois semaines.
La blatte orientale (Blatta orientalis)
Plus grande (20 à 28 millimètres), noire ou brun très foncé, luisante, aux ailes courtes ; elle ne vole pas et grimpe mal sur les surfaces lisses. Elle vit au frais et à l'humide : caves, locaux poubelles, vide-sanitaires, égouts, cours, bas des immeubles, et remonte par les siphons et les soupiraux. Elle dégage une odeur forte. Elle se traite dans les caves, les locaux communs et aux points d'entrée (siphons, grilles), en gel et en poudre dans les vides, et par l'étanchéité. C'est un problème de parties communes avant d'être un problème de logement.
La blatte américaine (Periplaneta americana)
La plus grande (30 à 40 millimètres), brun-rouge, avec un contour clair derrière la tête, de longues ailes ; elle vole par temps chaud. Elle vit dans les égouts, les gaines de chauffage, les chaufferies, les sous-sols chauds et humides des grands bâtiments (hôpitaux, centres commerciaux, parkings). Elle remonte par les canalisations et les gaines. Elle se traite au niveau des réseaux et des sous-sols, avec le gestionnaire du bâtiment.
Ne pas confondre
Les larves (nymphes) sont plus petites et sans ailes, de la même couleur que l'adulte, avec les mêmes bandes pour la germanique. Les coléoptères des denrées (petits, durs, ronds) et les grillons (qui chantent, antennes longues, pattes sauteuses) sont parfois pris pour des blattes. Les blattes des bois, qui entrent par erreur en été, ne s'installent pas.
Ce que l'espèce change
Germanique : traiter la cuisine et la salle de bain, les gaines, et la colonne de l'immeuble si plusieurs logements sont touchés. Orientale : traiter les caves et les locaux communs, boucher les siphons et les soupiraux, impliquer le syndic. Américaine : traiter les réseaux et les sous-sols, avec le gestionnaire. Et dans tous les cas, ne pas pulvériser d'aérosol, qui disperse.
Les nymphes et les oothèques
Les jeunes blattes (nymphes) n'ont pas d'ailes et sont plus petites, mais elles ont la forme et la couleur de l'adulte : les nymphes germaniques sont brun foncé avec une bande claire au milieu du dos, les orientales noires et brillantes, les américaines brun-rouge. Les oothèques sont des capsules brunes, striées : petite et portée par la femelle jusqu'à l'éclosion pour la germanique, plus grosse et déposée dans une fente pour l'orientale et l'américaine. Trouver des oothèques, c'est trouver un lieu de reproduction.
Les autres espèces que l'on rencontre parfois
La blatte rayée (Supella longipalpa), petite, avec deux bandes claires transversales, qui vit dans les pièces sèches et chaudes (chambres, derrière les cadres, dans les appareils électroniques) et non dans les cuisines ; elle se traite en appât dans tout le logement. Les blattes des bois (Ectobius), brunes et fines, qui entrent par les fenêtres en été, volent, et ne s'installent pas : aucun traitement nécessaire. La blatte australienne et la blatte brune, rares, arrivent avec des marchandises tropicales.
Ce que l'espèce dit de la source
Germanique : une introduction (cartons, appareil, meuble) ou l'immeuble (gaines). Orientale : les caves, les égouts, les vide-sanitaires, les locaux poubelles ; une question de parties communes et d'étanchéité. Américaine : les réseaux de chauffage et d'assainissement des grands bâtiments ; une question de gestionnaire. Rayée : un objet d'occasion, un appareil, un meuble ; une question de logement. L'identification oriente la recherche de la source autant que le traitement.
Photographier pour identifier
Une photo nette, de dessus, avec un objet d'échelle (pièce de monnaie, règle), de préférence de l'insecte entier et non écrasé ; une seconde photo de l'endroit où il a été trouvé. Envoyée sur WhatsApp, elle permet d'identifier l'espèce dans la plupart des cas et de vous dire si une intervention est nécessaire, et laquelle. Les blattes mortes trouvées au sol le matin sont aussi parlantes que les vivantes.