Les trois blattes de Paris
La blatte germanique est de loin la plus fréquente : 1 à 1,5 centimètre, brun clair avec deux bandes sombres derrière la tête. Elle vit dans les cuisines et les salles de bains, près de la chaleur et de l'humidité : moteur du réfrigérateur, dessous d'évier, derrière le lave-vaisselle, joints de carrelage. Elle se reproduit très vite : une femelle porte une oothèque de 30 à 40 œufs.
La blatte orientale, noire et plus grande (2 à 3 centimètres), préfère les caves, les vide-ordures, les gaines humides et les égouts. La blatte américaine, grande et rousse, reste rare à Paris et se rencontre dans les réseaux et les chaufferies.
Pourquoi le gel, et pourquoi la coordination
Le gel insecticide se dépose en points minuscules sur les trajets et près des cachettes. Les blattes le consomment, retournent au nid et contaminent la colonie : les autres individus meurent en consommant leurs déjections et leurs cadavres. En quelques jours, c'est toute la colonie qui disparaît, sans pulvérisation dans le logement et sans évacuation des occupants.
Dans un immeuble, les blattes germaniques circulent par les gaines techniques, les colonnes d'eau et les passages de tuyaux. Traiter un appartement isolément revient à les déplacer chez le voisin, d'où elles reviendront. Quand nous constatons une infestation collective, nous le signalons au syndic ou au bailleur et proposons un traitement coordonné par cage d'escalier, avec les parties communes.
Appartements, restaurants, immeubles
Dans un appartement, l'intervention dure une heure environ et se concentre sur la cuisine et la salle de bains. Dans un restaurant ou une cuisine professionnelle, nous intervenons hors service, traitons les postes de cuisson, la plonge, les réserves et les gaines, et fournissons le registre attendu par les contrôles d'hygiène. Pour les bailleurs et syndics, nous organisons des campagnes avec information des occupants, passage dans chaque logement et contrôle.
Éviter leur retour
Après le traitement, trois gestes font la différence : ne pas laisser de vaisselle sale ni de restes la nuit, réparer les fuites et sécher les points d'eau, et boucher les passages de tuyaux et les fissures. Nous indiquons dans le rapport les points précis à traiter, pour vous ou pour le syndic.
Un immeuble parisien, une colonne, une colonie
Dans les immeubles de Paris, les colonnes d'eau et d'évacuation traversent les cuisines et les salles de bain de tous les étages, avec des passages ouverts autour des tuyaux. Pour une blatte germanique, c'est un escalier chauffé. Une colonie qui démarre dans un logement du deuxième gagne le troisième et le premier en quelques semaines, et finit par occuper toute la colonne, parfois les deux colonnes mitoyennes. C'est pourquoi, à Paris plus qu'ailleurs, la question n'est pas « combien de cafards avez-vous » mais « qui d'autre en a dans l'immeuble ». Nous la posons à chaque diagnostic, et nous proposons au syndic de traiter la colonne quand plusieurs logements sont touchés.
Les lieux parisiens où la pression est la plus forte
Les arrières de restaurants et les cours des rues commerçantes (Belleville, Faubourg-Saint-Denis, Montorgueil, Mouffetard, la Butte-aux-Cailles), où les livraisons quotidiennes apportent des blattes dans les cartons ; les grands ensembles des 13e, 18e, 19e et 20e, où les vide-ordures encore en service relient tous les logements ; les hôtels des 9e, 10e et 17e, dont les offices et les lingeries sont des réservoirs ; les caves humides du Marais et du Quartier latin pour la blatte orientale. Nous intervenons dans tous ces contextes, avec une méthode adaptée à chacun.
Ce que nous ne faisons pas, et pourquoi
Nous ne pulvérisons pas d'insecticide à large spectre dans une cuisine occupée : cela disperse les blattes, contamine les surfaces et ne touche pas les œufs. Nous ne posons pas de fumigènes dans un appartement : même résultat, plus l'odeur et le délai d'aération. Nous ne promettons pas une disparition en 24 heures : la biologie de la blatte impose un cycle de deux à trois semaines, le temps que le gel atteigne le nid et que les oothèques éclosent. Et nous ne traitons pas un logement sans dire au client, par écrit, si la source est ailleurs.
Après notre passage : la chronologie habituelle
Jour 1 à 3 : les blattes sortent, consomment le gel et meurent hors de leurs cachettes ; vous en voyez davantage, c'est normal. Jour 4 à 10 : baisse nette de l'activité nocturne. Jour 10 à 20 : éclosion des oothèques déjà pondues, apparition de petites nymphes qui consomment à leur tour le gel. Jour 21 : contrôle, nouveau gel si nécessaire, et dans la grande majorité des cas, clôture. Pendant tout ce temps : ne nettoyez pas les points de gel, ne pulvérisez rien, réduisez l'eau et la nourriture accessibles.



