Le surmulot (Rattus norvegicus), rat d'égout ou rat brun
Le plus répandu à Paris. Gros et lourd (200 à 500 grammes, 20 à 27 centimètres sans la queue), pelage brun-gris, museau épais, petites oreilles, queue plus courte que le corps. Il vit au sol et sous terre : égouts, caves, terriers dans les cours et les jardins, berges. Excellent nageur, mauvais grimpeur. Il mange de tout, surtout les déchets. Crottes grosses (15 à 20 millimètres), à bouts arrondis, groupées. Trajets au sol le long des murs, terriers, traces de gras à hauteur de plinthe.
Le rat noir (Rattus rattus), rat des greniers
Plus fin (150 à 250 grammes, 16 à 22 centimètres), pelage noir ou gris foncé, museau pointu, grandes oreilles, queue plus longue que le corps. Il grimpe et vit en hauteur : combles, charpentes, faux plafonds, arbres, câbles. Il mange des fruits, des graines, des denrées sèches. Crottes en fuseau (10 à 14 millimètres), à bouts pointus, dispersées en hauteur. Trajets le long des poutres et des câbles, bruits dans les toitures en début de nuit. Moins fréquent à Paris, présent dans les maisons et les immeubles bas de la région.
La souris domestique (Mus musculus)
Petite (15 à 25 grammes, 7 à 10 centimètres), grise, grandes oreilles, queue égale au corps. Elle vit dans les cloisons, les faux plafonds et les meubles, au plus près de la nourriture, et passe par un trou d'un centimètre. Crottes en grain de riz (3 à 8 millimètres), dispersées. Elle se reproduit très vite (jusqu'à dix portées par an).
Le mulot (Apodemus sylvaticus)
Ce n'est pas un rat ni une souris domestique : c'est un rongeur des champs et des jardins, brun-roux dessus, blanc dessous, aux grands yeux et grandes oreilles, à la queue longue. Il entre dans les maisons, les garages et les abris de jardin en automne, en grande couronne surtout, et repart souvent au printemps. Il saute, fait des réserves de graines, et laisse des crottes proches de celles de la souris. Le campagnol, plus trapu, à queue courte, reste dehors et creuse les pelouses.
Pourquoi l'identification change tout
Le surmulot se traite au sol et à l'extérieur : postes aux terriers, aux trajets de cour et de cave, clapets sur les canalisations, étanchéité des bas de portes. Le rat noir se traite en hauteur : combles, charpentes, câbles, et il faut couper les accès par la toiture et la végétation. La souris se traite au plus près de la nourriture, avec des pièges nombreux et le bouchage de trous minuscules. Le mulot se traite par l'exclusion et le rangement, souvent sans produit. Se tromper d'espèce, c'est poser les postes au mauvais endroit.
Comment trancher
Les crottes (taille, forme, emplacement), les bruits (hauteur, intensité), les traces (terriers au sol, trajets sur les poutres), les dégâts (déchets éventrés, fruits grignotés en hauteur, graines stockées) et, si on le voit, l'animal (taille, queue, oreilles). Une photo envoyée sur WhatsApp nous permet souvent de trancher avant la visite.
Les indices qui trompent
Un jeune surmulot ressemble à un rat noir adulte par la taille, et un très jeune rat à une souris : la taille seule ne suffit pas. Les proportions, elles, ne trompent pas : queue plus longue que le corps et grandes oreilles pour le rat noir, queue plus courte et petites oreilles pour le surmulot, oreilles et yeux proportionnellement énormes pour une jeune souris. Les crottes et les lieux (hauteur ou sol) confirment. Une photo avec un objet d'échelle règle la question dans la plupart des cas.
Comportements et saisons
Le surmulot est actif toute l'année, plus visible en automne quand les chantiers et les pluies le déplacent, et en été quand les déchets abondent. Le rat noir est plus discret, nocturne, et ses bruits dans les charpentes sont plus fréquents en automne et en hiver. La souris domestique entre massivement en octobre-novembre et se reproduit toute l'année à l'intérieur. Le mulot entre à l'automne et ressort souvent au printemps ; le campagnol reste dehors et ses dégâts au jardin sont visibles à la sortie de l'hiver.
Les risques sanitaires par espèce
Le surmulot, par son contact avec les égouts, est le principal porteur de la leptospirose en milieu urbain ; ses urines contaminent l'eau et les surfaces humides. Le rat noir et la souris portent des salmonelles et d'autres germes et souillent les denrées. Le mulot et le campagnol peuvent porter des tiques et des hantavirus en milieu rural. Dans tous les cas : nettoyage humide avec un désinfectant, gants, pas de balayage à sec.
Les espèces protégées qui ressemblent à des rats
Le loir gris (gros, gris, queue touffue, yeux cernés de noir) et le lérot (masque noir, queue à pinceau) vivent dans les combles des maisons d'Île-de-France et font un bruit de rat. Ce sont des espèces protégées : pas de piégeage létal ni de poison, mais une exclusion (fermer les accès quand les animaux sont sortis, à la bonne saison) par un professionnel qui connaît la réglementation. Les confondre avec des rats et les traiter expose à des sanctions.