Par où ils entrent
Les gaines techniques. Dans un immeuble, les colonnes d'eau, d'évacuation et de ventilation relient toutes les cuisines et toutes les salles de bain. Un logement infesté dans la colonne alimente les autres. C'est la première cause à Paris.
Les livraisons et les courses. Les cartons, les cageots et les sacs venant d'un entrepôt ou d'un commerce infesté transportent des blattes et des oothèques (capsules de 30 à 40 œufs). Les restaurants et les commerces s'infestent presque toujours ainsi.
Les meubles et les appareils d'occasion. Un micro-ondes, un réfrigérateur, un meuble de cuisine récupéré peut contenir une colonie dans son moteur ou ses fentes.
Les bagages. Après un séjour dans un lieu infesté.
Les égouts et les caves, pour la blatte orientale, plus grosse et plus noire, qui remonte par les siphons et les soupiraux.
Pourquoi ils restent
Parce qu'ils trouvent de la chaleur (moteurs d'électroménager, chauffe-eau, gaines de chauffage), de l'eau (siphons, condensation, éponge mouillée) et de la nourriture (miettes, graisses, poubelle, gamelle du chat, colle du papier peint). La propreté réduit la nourriture, pas la chaleur ni l'eau : un logement propre reste habitable pour une blatte, surtout si elle se nourrit chez le voisin.
Pourquoi ils reviennent après un traitement
- Le traitement n'a touché que les adultes. Les aérosols et les fumigènes ne tuent pas les œufs dans les oothèques, qui éclosent dix à vingt jours plus tard. D'où l'importance d'un contrôle à trois semaines.
- Le traitement les a dispersés. Une pulvérisation chasse les blattes vers les pièces et les logements voisins, d'où elles reviennent.
- La source n'est pas traitée. Si la colonne de l'immeuble ou le voisin est infesté, le logement se réinfeste par les gaines, quel que soit le traitement.
- Les conditions n'ont pas changé. Fuite sous l'évier, siphon encrassé, vaisselle la nuit, cartons stockés.
- Le produit est inadapté. Les gels grand public sont peu appétents, et certaines populations résistent aux insecticides les plus utilisés ; les professionnels alternent les matières actives.
Ce qui les élimine durablement
Un gel appât professionnel appliqué dans les cachettes (pas sur les surfaces), que les blattes consomment et rapportent au nid ; le traitement des gaines et des passages ; un contrôle à trois semaines pour les éclosions ; la correction des conditions (humidité, nourriture, cartons) ; et, dans un immeuble, le traitement de la colonne entière par le syndic. Nous le pratiquons à Paris et en Île-de-France, pour les logements comme pour les immeubles.
Les objets qui transportent des blattes
Les cartons de livraison et de déménagement, surtout ceux qui ont séjourné dans un entrepôt ou une cave ; les appareils électroménagers d'occasion (réfrigérateurs, micro-ondes, machines à café), dont le moteur abrite souvent une colonie ; les meubles de cuisine et les meubles en bois d'occasion ; les sacs de courses réutilisables laissés dans un placard ; les valises revenant d'un lieu infesté ; les plantes en pot et leurs soucoupes. Inspecter ces objets avant de les rentrer, et déballer les cartons sur le palier, évite la plupart des introductions.
Pourquoi les blattes aiment les cuisines modernes
Les cuisines équipées offrent des dizaines de cachettes à la bonne température : moteurs d'électroménager encastré, dessous de plinthes de meubles, charnières, rails de tiroirs, espaces derrière les crédences, passages de tuyaux dans les meubles sous évier, et une humidité permanente autour du lave-vaisselle. Une cuisine moderne et propre peut héberger des centaines de blattes invisibles ; une cuisine ancienne avec des meubles sur pieds et des murs nus en héberge moins.
Combien de temps pour une colonie
Une femelle germanique fécondée produit une oothèque toutes les trois à quatre semaines, de trente à quarante œufs, et en produit quatre à huit dans sa vie. Les nymphes sont adultes en six à douze semaines selon la température. Une seule femelle introduite en janvier donne, dans une cuisine chauffée, des dizaines d'adultes en avril et des centaines à l'été. C'est pourquoi « une seule blatte » n'existe pas longtemps.
Le rôle du syndic et du bailleur
Dans un immeuble, les blattes relèvent du logement tant qu'elles y sont confinées, et de la copropriété dès qu'elles circulent par les gaines, qui sont des parties communes. Le syndic doit organiser le traitement de la colonne ; le bailleur d'un logement loué doit traiter le logement et saisir le syndic ; le locataire doit signaler et laisser l'accès. Un rapport professionnel qui constate la présence dans les gaines est la pièce qui déclenche l'action collective.