Comment une colonne s'infeste
Un logement s'infeste (livraison, meuble d'occasion, voisin). Les blattes se multiplient (une femelle produit plusieurs dizaines de descendants par oothèque, plusieurs oothèques dans sa vie). Elles débordent par les gaines vers les logements voisins, de haut en bas et de bas en haut. Un logement traité à l'aérosol les disperse plus vite encore. Six mois plus tard, la colonne entière est touchée.
Notre intervention en copropriété
- Diagnostic avec le gardien ou le conseil syndical : logements concernés, gaines, local poubelles, caves, vide-ordures.
- Information des occupants : note dans le hall et rendez-vous proposés à tous les logements de la colonne, le même jour ou sur deux jours.
- Traitement en gel appât de chaque logement accessible (quinze à trente minutes par logement), des gaines à chaque étage, du local poubelles et des caves.
- Rapport au syndic : logements traités, logements inaccessibles, constats, recommandations.
- Contrôle à trois semaines, nouveau gel si nécessaire, et seconde tentative pour les logements inaccessibles.
Les logements inaccessibles
C'est le point faible de tout traitement d'immeuble : un logement non traité réinfeste les autres. Nous documentons chaque refus ou absence, proposons de nouveaux créneaux, et le syndic dispose du rapport pour rappeler aux occupants leur obligation de laisser l'accès pour les mesures de salubrité.
Qui paie
Le traitement des parties communes et des gaines relève des charges communes. Celui des logements, de leur propriétaire ; en pratique, beaucoup de copropriétés votent une prise en charge globale pour garantir que toute la colonne soit traitée. Le locataire n'est redevable que s'il est à l'origine de l'infestation.
Une journée de traitement de colonne
8 h, rendez-vous avec le gardien ; les occupants ont reçu la note une semaine avant, avec les consignes (dégager sous l'évier, ne rien pulvériser). 8 h 30 à 12 h 30, les logements de la colonne du rez-de-chaussée au sixième, vingt à trente minutes chacun : inspection, gel dans la cuisine et la salle de bain, traitement de la gaine derrière la trappe, fiche laissée à l'occupant. 13 h 30, le local poubelles, les caves, le pied de la colonne, les gaines à chaque palier. 15 h, les logements absents du matin, seconde tentative. 16 h, rapport au syndic : logements traités, absents, refus, constats. Trois semaines plus tard, contrôle de la colonne.
Les gaines, la clé de la colonne
Derrière la trappe de visite de chaque salle de bain et de chaque cuisine passe la gaine commune. C'est par là que les blattes circulent. À chaque étage, nous ouvrons la trappe, traitons la gaine en gel et en poudre, et notons l'état des passages autour des tuyaux, qui seront à boucher après le traitement. Une colonne dont les gaines sont traitées et rebouchées ne se réinfeste pas d'un logement à l'autre ; c'est la différence entre un traitement d'immeuble et une collection de traitements de logements.
Vide-ordures et locaux poubelles
Dans les immeubles des années 1960-1970, la colonne de vide-ordures relie chaque palier au local poubelles, humide, chaud et nourrissant : c'est une colonie permanente. Le traitement du local et de la colonne est nécessaire, et la condamnation du vide-ordures, votée par beaucoup de copropriétés, est la mesure la plus efficace à long terme. Le local poubelles, même sans vide-ordures, est traité à chaque intervention de colonne.
Les refus et les absents
Un logement non traité dans une colonne traitée réinfeste les autres en quelques semaines. Nous documentons chaque logement absent ou refusant, proposons un second créneau (soirée, samedi), et le syndic dispose du rapport pour écrire à l'occupant et, pour un logement loué, à son propriétaire. Un occupant informé de ce que l'absence de traitement coûte à ses voisins accepte en général le second rendez-vous.
Le coût pour la copropriété
Un traitement de colonne coûte, par logement, une fraction d'un traitement individuel, et il met fin au problème là où les traitements individuels le prolongent. Beaucoup de copropriétés votent une prise en charge globale pour cette raison, quitte à refacturer les propriétaires bailleurs des logements concernés. Le rapport et le devis par colonne sont préparés pour l'assemblée.
Après la colonne : tenir
Bouchage des passages autour des tuyaux dans les gaines après le traitement ; local poubelles lavé et bacs fermés ; condamnation du vide-ordures ; consignes aux occupants (déballage des livraisons, vaisselle, siphons) ; et un passage de contrôle annuel des gaines et du local poubelles dans le cadre du contrat de l'immeuble. Les immeubles qui ont suivi ce schéma ne nous rappellent pas pour les blattes.